Diaspora ?

Dimanche 27 Octobre 2019 Cité de le Culture - Salle Sophie El Golli - 1er étage

Les Journées Cinématographiques de Carthage lancent une nouvelle section, Diaspora ?, qui prend place entre sa programmation artistique et professionnelle. Elle présente à notre public cinéphile une sélection de 6 longs métrages (3 documentaires et 3 fictions) produits en 2019, qui seront projetés tout au long du festival, accompagnés de deux panels au sein de Carthage Talks.

Pour célébrer l’esprit fondateur des JCC, cette section a été pensée pour valoriser les racines africaines et arabes de ces films, notamment à travers les trajectoires personnelles des cinéastes et des sujets qu’ils traitent: récits d’exil, de migration, d’aliénation, de nostalgie, de (non-)appartenance, de (dé)connexion, d’éloignement, d’introspection, et la quête pour retrouver la mémoire individuelle et collective, l'âme, l’identité, et finalement ses racines.

Cette sélection n’a pas la prétention d’être représentative de la diversité des oeuvres des cinémas diasporiques. Le point d’interrogation du titre marque à la fois une invitation claire à (re)penser collectivement le concept lui-même et un refus d’accepter la naturalisation de cette catégorie comme une étiquette figée imposée aux cinéastes et à leurs films.

En collaborant avec le Programmers of Colour Collective (POC2) nous souhaitons maintenir cette conversation à une échelle globale, à travers ce réseau, et souhaitons la poursuivre chaque année dans Carthage Talks, dans ce forum où la multiplicité, la diversité et la complexité de ces expériences peuvent être montrées et discutées, par et avec ceux qui les créent, les programment, et enfin ceux qui les regardent.

Diaspora ? est un voyage cinématographique, réflexif et discursif qui défie de manière ambitieuse nos perceptions des lieux, des identités et appartenances, et nous permet de penser ces cinémas de la diaspora comme à un concept malléable, en évolution et réinvention permanente.

Un voyage cinématographique à travers “Diaspora ?”

Leaving home - Longing for home:

Mother I am Suffocating, This is my Last Film About You - Lemohang Jeremaiah Mo-sese (2019)

Qu’il soit choisi ou subi, l’exil peut créer un sentiment oppressant d’aliénation. Ce film-essai, intime, poétique et visuellement marquant restitue les sentiments profonds et ambivalents que l’exil peut faire naître envers sa terre-natale, oscillants entre: des sentiments d’attachement et déracinement, de tendre nostalgie et profond rejet.

Homecoming - Quest for memory:

Un Divan à Tunis - Manele Labidi (2019)
A Mansourah, tu nous as séparés - Dorothée Myriam Kellou (2019)

Quand la transmission mémorielle entre les générations est impossible et qu’elle est remplacée par un épais silence, le cinema peut être un outil efficace pour reconquérir cette distance avec sa propre histoire. Explorer ses origines par cette quête mémorielle permet de réconcilier l’état d’entre-deux créé par l’appartenance simultanée à des cultures différentes.
Parisian Diasporic experiences:

Paris-Stalingrad - Hind Meddeb (2019)
Les Misérables - Ladj Ly (2019)
Tu Mérites un amour - Hafsia Herzi - 2019

Qu’ils révèlent les violences et le racisme systémiques, dans Les Misérables et Paris-Stalingrad, ou qu’ils portent à l’écran les vies (amoureuses) des ”enfants de la diaspora”, ces films reflètent la multiplicité des expériences liées à l’immigration post-coloniale, africaine et arabe, en incluant la perspective de la vaste banlieue parisienne séparée et désarticulée de la capitale elle-même; si prochaine et pourtant si lointaine.

*Se référer au catalogue officiel des JCC 2019 pour les synopsis et les informa-tions complémentaires sur les films et réalisateurs.

Panel - Parlons des cinémas de la diaspora

Une conversation avec des curateurs, chercheurs et critiques
Dimanche 27 octobre, 2019
Cité de la Culture - Salle Sophie El Golli - 1er étage
14:00 - 15:30


Positionnés et travaillant à la fois dans les pays du Sud et du Nord, les panélistes sont invités à repenser ensemble les grandes lignes de ce que peuvent être les cinémas diasporiques, à travers leurs propres expériences de programmation, de recherche, d’écriture et de distribution de ces cinémas.

A qui sont destinés ces films? Qui sont ceux qui les programment et pour quels publics? Ces questions sont primordiales et reflètent des dynamiques de pouvoir tenaces qui pourraient être contrées par le renforcement de réseaux transnationaux et transdiasporiques qui connecteraient des groupes de praticiens plus diversifiés, inclusifs et représentatifs.

Discuter du cinéma haïtien et du cinéma palestinien nous permettra de mettre en évidence les relations croisées entre cinéma national et cinéma diasporique, et comment ce dernier remet en question la notion de cinéma national, souvent figée et essentialisée.

Il en va de même pour le cinéma français de la «double vague»*, qui parvient à subvertir les codes et les canons dominants en proposant des modèles économiques et esthétiques alternatifs, de l'écriture aux modes de production et de distribution.

En conversation avec :
Claire Diao(Critique, distributrice et curatrice, AWOTELE, Sudu Con-nexion et Comité de Selection de la Quinzaine des Réalisateurs)
Farah-Clémentine Dramani Issifou (Chercheuse, et curatrice, Comité de Selection de la Semaine de la Critique)
Joseph Fahim (Curateur et critique, délégué monde arabe de Karlovy Vary Film Festival)
Lena Ghannam (Journaliste et directrice créative de DC Palestinian Film + Arts Festival)
Guetty Felin (Réalisatrice et curatrice)

Moderation : Themba Bhebhe (Co-fondateur du Programmers of Colors collective - Chargé de Diversity and Inclusion, EFM, Berlinale) et Samia Labidi(curatrice de Diaspora ?)

*Formule que l’on doit à Claire Diao, dans son ouvrage du même titre publié en 2017

Panel - Elles font les cinémas de la diaspora

Conversations avec des réalisatrices.
Dimanche 27 octobre 2019
Cité de la Culture - Salle Sophie El Golli - 1er étage
16:00 - 17:30


D'origine algérienne, palestinienne et tunisienne, ces cinéastes font partie de communautés souvent sous-représentées, sujettes à des représentations déformées et objectivées par un regard exotisant. À travers la fiction ou le documentaire, elles utilisent toutes leurs univers cinématographiques pour donner sens à la condition diasporique qu’elles ont en partage.

En portant sur grand écran des expériences tout autant individuelles que collectives, elles prennent activement le pouvoir de se réapproprier leurs récits. En déplaçant le regard de la caméra et en articulant ces histoires avec leurs propres voix, elles revendiquent le droit au collectif tout en questionnant les dynamiques de pouvoir derrières les représentations. Comment trouvent-elles l’équilibre entre cette responsabilité et le droit d’exprimer leur subjectivité personnelle en dehors de l’univers de la diaspora ?

Comment ces cinéastes développent-elles et entretiennent-elles une con-nexion avec leurs pays d'origine? Et comment leurs films incarnent-ils à la fois des histoires entremêlées et exclusives, séparées par des lignes de fracture (post)-coloniales et impériales? La conversation se penchera également sur les expériences cinématographiques du retour au pays, partagées par certaines cinéastes, et explorera comment ces identités hybrides peuvent transcender les frontières nationales.

En conversation avec :
Assia Boundaoui (Réalisatrice et journaliste - The Feeing of Being Watched, 2018)
Dorothée Myriam Kellou (Réalisatrice et journaliste - A Mansourah, tu nous as séparés, 2019)
Manele Labidi (Réalisatrice - Un Divan à Tunis, 2019)
Hind Meddeb (Réalisatrice et journaliste - Paris-Stalingrad, 2019)
Lina Soualem (Réalisatrice et actrice - Tu Mérites un amour (actrice) / Leur Algérie [Réalisatrice - film en post-production])

Modération : Samia Labidi (curatrice de Diaspora?)