Master Class

Thèmes proposés

  • Au cinéma est-il possible de reconstituer le réel, sans pour autant donner à voir la réalité ?
  • Dans quelle mesure le film est ou n’est pas la mise en forme du scénario ?
  • La fabrication de l’image dans les films arabo-africains est-elle au standard du format international du cinéma ?
  • Comment se crée l’articulation entre la Science et l’Art dans ce qu’il a de sensible, d’imaginaire et d’affect, dans la fabrication d’une image filmique ?
  • Qu’est-ce que la modernité dans le cinéma africain ?
  • La modernité considère-t-elle la praxis filmique, quel qu’en soit le support comme un "instrument de révélation" ?
  • La création cinématographique en Afrique et dans le monde Arabe est-elle affranchie du lieu géographique, de l’appartenance culturelle, patrimoniale et cultuelle du cinéaste et surtout des aspirations du spectateur ?
  • Comment écrire et réaliser une œuvre cinématographique en Afrique ou dans monde arabe en termes sensibles à partir de données technologiques, concrètes et matérielles ?
  • Doit-on s'exprimer ou exprimer le film ? Et dans le premier cas, peut-on réellement se libérer des règles du faire, peut-on interpréter un film en ne laissant cours qu'à son propre ressentiment, à son propre état d'âme ? Et ce faisant, ne serait-ce pas une sorte de trahison de ce produit de l’art ?
  • Le récit filmique est-il un mode de maîtrise du temps ? Ou bien le temps s’humanise-t-il, s’il est introduit dans un processus narratif susceptible de le mettre à la portée du spectateur ?
  • Perspectives de la formation en cinéma et audiovisuel et devenir des métiers de l’image et du son dans les pays du sud.
  • La production cinématographique et audiovisuelle constitue-t-elle un vrai métier en l’absence de sources de financement ?

Intervenants :

  • Tarak Ben Abdallah, Chef opérateur tunisien installé en Italie
  • Guy Chappoulié, Professeur émérite, cinéaste et théoricien du cinéma, fondateur et ancien directeur de l’Ecole Supérieure de l’Audiovisuel, Université Jean Jaurès, Toulouse, France

Hamadi BOUABID
Responsable de la section Master Class



Argumentaire de la section Master Class

Les Journées Cinématographiques de Carthage, (novembre 2021), ne sont pas seulement le lieu de prédilection de cette belle rencontre entre films, cinéastes et amateurs du cinéma, mais aussi l’espace de réflexion et d’échange, ainsi que l’enceinte privilégiée de faire connaissance avec les approches des auteurs et des acteurs du faire filmique.

L’occasion d’un dialogue fructueux où les cinéphiles fidèles aux JCC tentent de saisir toute la complexité de l’émergence du film, qui n’est plus seulement œuvre singulière d’un auteur, mais aussi, le matériau d’une vision et l’objet d’un débat. La prise en charge de l’objet film par la pensée contemporaine a engendré de nouveaux comportements dans le faire filmique, de nouvelles attitudes face à la création. C'est un fait indéniable, ce découpage historique ; mais trop centré sur l'expérience européenne et nord-américaine, ne rend pas compte suffisamment de l'invention de la modernité et du futur dans d'autres aires de civilisation. L’on veut dire par là, la réflexion sur le temps et l'espace en leur dimension polycentrique, histoire, géographie et art conjugués.

En partant du principe que le cinéma secrète un imaginaire, appelé à susciter d’autres imaginaires, une question préalable se pose : Une telle sève est-elle affranchie du lieu géographique, de l’appartenance culturelle, patrimoniale et cultuelle du cinéaste et surtout des aspirations du spectateur ?

Cependant, quelles démarches et quelles stratégies faudrait-il adopter pour que cet imaginaire, source par excellence de renouvellement et de pérennité de l’être Arabe et Africain puisse instaurer de nouveaux souffles conceptuels et des attitudes intelligentes du donner à voir ?

Sans pour autant nous cloisonner dans des frontières hermétiques, de peur d’être dilués dans les méandres complexes du nouvel ordre mondial et de la «sainte » normalisation, notre appropriation du dispositif technologique nous inscrit probablement, voire indubitablement dans la modernité de la praxis filmique…

Hamadi BOUABID
Responsable de la section Master Class